jeudi 13 avril 2017

Compte rendu du voyage 2017

Compte rendu de la visite aux enfants du janvier au avril 2017

 
            Nous avons visité notre école à Ban Satoïe en janvier et nous avons eu un long entretien avec Kou Modt au sujet des enfants non méritants.
            Nous commençons cette année par un triste travail, celui d'arrêter les bourses aux écoliers qui ont des notes très faibles ou un comportement non conforme avec le règlement de la bourse Kangkorn.
            Yuttaphun RORDSATIEN, le petit frère de Sakawat. Cette famille devra quitter le logement par manque de travail et mauvais comportement. Pourtant nous avons accordé 3 années au jeune Yuttaphun pour changer de comportement, ses notes sont toujours en dessous de la moyenne de 2 sur 4. Pour faire le  BAC Professionnel, il ne peut pas être accepté au collège professionnel de Lopburi. Il peut éventuellement être accepté dans d'un Collège privé, mais pour combien de temps ? A son niveau, il ne pourrait pas terminer ses études. De ce fait, nous sommes obligés de suivre le règlement : la famille devra laisser le logement libre pour héberger une autre famille en difficulté. Nous sommes désolés que cette bourse s'arrête de cette façon.  Quelle tristesse pour sa famille et encore plus pour sa marraine !!! Que pouvons- nous faire de plus ?
            Cette année encore, nous découvrons deux jeune filles de 13 ans, nos protégées sont enceintes,  malheureusement elles vivent dans la même famille, ce sont deux cousines qui habitent chez leur grand-mère,  nous leur rendrons visite plus tard afin d’avoir plus d'informations.
            Nous avons la  liste des 18 dossiers d'enfants pour lesquels l’arrêt de la bourse est envisagé.
            L'année passée, par solidarité avec les toutes les familles qui manquaient de revenus en raison de la sécheresse, nous n'avions suspendu la bourse qu'à un seul élève pour comportement agressif à l'école. Ce n'est pas par plaisir que nous arrêtons d'assister par votre intermédiaire, vos filleul(e)s, nous respectons votre participation financière.  L'évolution arrive comme un Tsunami dans le monde des rizières...! perturbant nos jeunes : la drogue fait des dégâts partout, réprimandé sévèrement par le gouvernement. L'école buissonnière c'est nouveau aussi puis pour finir le manque de travail scolaire.

Pour mémoire, tous les enfants ont signé un contrat de bonne conduite avec l'école en acceptant votre bourse, ils ont un droit celui de recevoir votre aide, mais aussi un devoir celui d’étudier à l'école.  Si nous laissons faire ce n'est plus une aide scolaire que certains recevraient, mais une aide à la paresse et à la délinquance.
            De notre côté c'est un tel investissement qui s'écroule, nous en sommes tout comme vous, déçus.... ! La conjoncture économique du pays n'est pas bonne et crée un mal être sur l'ensemble de la population.
            Nous espérons que pour les 90 jeunes parrainés restant cela servira de leçon... !
Dans les rizières, cette année, la première récolte fût bonne, l'année passée il n'y avait rien eu. La mousson dans notre région n'a pas été assez généreuse, cette première restera la seule sur les 3 récoltes espérées. La sécheresse reprend le dessus, nous sommes conscients que le changement climatique perturbe la monoculture.
            Nous sommes retournés vers une famille très démunie à Ban Neun-Yao, à 2 km de l'école. Dans cette famille, les parents sont décédés, la maison construite en bambou et en tôles est en train de s'écouler, elle était en projet de reconstruction en 2016 mais il nous manquait le titre de propriété du terrain et les signatures d'engagement de tous frères et sœurs. Cette fois-ci, lors de notre prochain séjour au village vers le 10 février,  si le dossier est complet, nous donnerons le feu vert pour mettre cette famille de 5 personnes à l’abri. Le couple héberge leur petit fille après la mort de ses parents par HIV, la petite a été infectée  à sa naissance, elle est en trithérapie, le traitement est gratuit pour les enfants en Thaïlande. à suivre......
            Concernant le projet avec le Collège Professionnel à Loudun pour le coparrainage :
Nous avons visité notre école à Ban Satoïe en janvier et nous avons rencontré deux étudiants dont les niveaux d'études pourraient satisfaire la demande. Ce sont deux étudiants méritants qui sont parrainés depuis 2007, même âge.   Tous les deux sont orphelins :
Le garçon :
            Mr. Warawut TORNRAP , 18 ans,  il vient d'avoir son BAC général en Mathématiques -langue thaï cette année, il est parrainé par une famille dans le département 53..., il est pris en charge par ses grands-parents depuis qu'il est tout petit. Il sait ce qu'il veut mais dans la limite de la situation familiale, Son grand-père a quitté la maison pour devenir bronze dans un temple ce qui lui permet d'apporter une aide financière pour ses études car la grand-mère ne travaille plus.  Il lui reste encore 5 années à faire pour être professeur.

La jeune fille :
            Mlle Manita PUNDEE, 17 ans, elle vient d'avoir son BAC général en langues étrangères (Anglais-Français) cette année. Elle est parrainée par une famille du département 71... Sa maman l'avait déposée chez une nourrice et quelque mois plus tard, plus de nouvelles, la mère l'a-t-elle abandonnée de son plein gré Ou de force ? Est-elle encore en vie ? Une fille battante, elle fait un peu de français depuis 3 ans, mais nous trouvons son niveau assez bas dans cette matière.
            Nous retournerons les voir mi-février pour plus d'informations, avec le 2ème groupe, puis début mars, nous nous y rendrons à nouveau, tous les deux,  ce qui nous permettra de travailler sur ce dossier. Nous leur avons demandé une lettre de motivation en anglais.
            Notre 1er groupe est parti le 2/02/2017 pour rejoindre la France après 3 semaines et nous leur avons fait découvrir ce pays en parcourant 3000 km. 
            Cette année notre région a eu une seule bonne récolte de riz, cela va soulager nos finances pour l'aide que nous apportons à la cantine scolaire.
            Voici que notre 3ème séjour au village touche à sa fin. Nous flirtons avec le 40°c. Les vacances scolaires approchent, nous appréhendions ce dernier passage car nous avions un conseil de discipline sur les bras. Il n'est jamais agréable de faire la police... ! Nous avons rencontré au total 124 jeunes, visité 110 maisons, étudié le projet de construction d'une maison et la mise au point d’un coparrainage.
 
            Nous sentons que la jeunesse change, un guide nous avait dit, au début de notre séjour : « nos jeunes ne travaillent plus pour manger mais pour se payer le dernier « smart phone » ce moyen de communication arrivant comme une avalanche dans le monde des rizières, bouleversant les mentalités, les règles du jeu. Nous le retrouvons avec nos jeunes, nous pensions être à l'abri, à 170 km de Bangkok... ! Nous avons pris la vague un peu plus tard que dans les grandes villes. Cette année nous avons deux jeunes de 13 ans, l'une attend un enfant dans 6 mois, l'autre a fait une fausse couche.... Officiellement, l'IVG est interdite dans le Royaume. La drogue, nous l'avions déjà, mais cette année la désobéissance et l'école buissonnière.... Tout ceci a abouti à la réunion d’un conseil de discipline.

            Il ne faut pas être trop strict dans la sanction au risque d’éloigner le jeune de l'école et qu'il tombe plus facilement dans la délinquance. Nous avons surtout décidé des mises à l'épreuve entre 4 mois et une année, nous attendons les résultats.

            L'école est toujours aussi propre et bien entretenue, nous nous trouvons cette année avec de nouveaux enseignants. L'année passée, cinq professeurs sont partis à la retraite.
Le village ayant eu une assez bonne récolte de riz cette année, nous n'aurons pas à financer la cantine. Mais il n'y aura qu'une seule récolte, la mousson n'ayant pas été assez abondante, les deux autres n'auront pas lieu, c'est toujours un manque à gagner et du chômage pour les journaliers agricoles.

Pour le social : nous suivons toujours deux fillettes qui vivent à 350 km de Makhamtao, elles avaient quitté leur famille d'accueil en raison de maltraitance. L'une est parrainée par une famille de Normandie et l'autre par notre association. Nous faisons le trajet chaque année pour le suivi et pour rencontrer leurs professeurs.  Une autre famille de réfugiés (depuis 27 ans) venant de Birmanie avec 4 fillettes, va quitter le village après 13 ans de présence dans le canton : la famille a grandi mais surtout à cause du travail ; le patron du père de la famille est malade, avec le manque de travail dans notre région, la famille ne peut vivre avec son petit commerce de vente ambulante de crêpes « Rôties », donc un retour au pays natal est programmé.  La paix revenant petit à petit en Myanmar (Birmanie) rend, à présent, ce retour possible.  
 
            Les deux fillettes âgées l’une de 10 ans et la seconde de 7 ans vont  aussi quitter le village. Avec l'accord des parrains nous les protégerons encore quelques temps, tant que nous pourrons garder le contact. La famille va vivre à 8 km côté Myanmar dans une maison familiale, pour s'occuper de leur maman âgée et de santé fragile. Là où ils seront il n'y aura pas de loyer à payer, c'est déjà une bonne chose. Quant aux deux fillettes parrainées, elles auront le droit d'aller à l'école à la frontière, du côté de la Thaïlande.

            Nous avons distribué près de 100 kg de vêtements pour les enfants, apportés par notre amis magicien Claude des Basins d'Arcachon et  les deux groupes, ainsi que des lunettes aux villageois de Makhamtao.



Opération du second œil

            Nous avons eu un entretien avec Mme KHAMPA et sa maman en présence de Kou Modt afin d’effectuer la vérification les factures et le suivi médical, suite à l'opération d'un œil de Mme KHAMPA, mère de 2 enfants parrainées. Nous l'avons remboursée de la somme de 75 000 bahts. Somme que la famille avait empruntée pour avancer le coût des soins et la première opération.  Cela fait 18 mois que l'opération a été réalisée, il y a eu des problèmes sanguins et une incompatibilité avec les soins ce qui n'avait  pas été prévu dans notre budget postopératoire : frais de cette année arrive 79 000 bahts rien que pour les soins. Tous ces  problèmes retardent  l’opération du second œil.
Notre problème : ce sont les soins qui sont longs et chers et nous n'avions pas envisagé toutes ces complications postopératoires.
 
            Pour les frais d’opération du second œil, le professeur réalisera l’intervention gracieusement si la demande de subvention est accordée. Effectivement,  suivant les conseils des ophtalmologues, la famille a fait des démarches auprès de la croix rouge (elle ne peut demander l'aide de l’état Thaïlandais, n'ayant aucun membre de sa famille fonctionnaire)  afin de soulager nos finances.  Montri a fait comprendre que le coût de  toutes les complications depuis l'opération est  plus élevé que le coût de  l'opération elle-même.... ! Le budget prévu de 200 000 Bahts pour les deux yeux est entrain de s’épuiser. Il faudra attendre  janvier 2018 pour la fin  des soins.... ! Nous avons pu vous aider car à la fin de l’année, Jacqueline la sœur aînée de Guy a fait un versement exceptionnel de 1000 € pour cette opération ce   qui nous a permis d’effectuer un  tel remboursement.... !  

            En tous cas, si l'opération est prise en charge par la croix rouge, l'association financera une fois de plus la lentille qui vient des États-Unis, en espérant qu'il n'y aura plus de complications à venir.... !
Nous avons terminé, elles comprennent notre point de vue. Nous avons d'autres actions à mener autour des familles et des enfants parrainés.

 
Construction de la maison :
            Nous avons la copie du titre de propriété, ainsi que les photocopies des cartes d'identité des propriétaires du terrain. Nous vérifions l'adresse. Il nous manque le livret de famille. Nous devons rencontrer la famille et nous verrons les intéressés,  terminerons la demande de construction et définirons le budget.

Réunion discipline
Le 9 mars 2017, à 13h
 
Sont présents : Monsieur le Principal, Kou Modt, Monsieur le Vice président des parents d'élèves, Les membres de la bourse Kangkorn et les 60 parents d’élèves.

Objet : devant les difficultés que nous rencontrons auprès des élèves parrainés il a été décidé d'organiser cette réunion dans la salle de réunion à l'école pour une mise au point et une information
Principaux problèmes rencontrés :
            Manque de travail en rapport avec leur capacité.
            Absence à l'école sans motif : école buissonnière
            Comportement envers les camarades et les professeurs
            Consommation de produits illicites, drogue et autres.
Nous commençons par leur signaler que nous avons besoin de l'aide des parents pour nous mener à bien notre action.
Le souci de la bourse Kangkorn : Somport est maintenant âgé de 80 ans et il est malade. Nous avons besoin de l’aide des membres du conseil pour assurer une surveillance et participer aux prises de décisions.
 Nous œuvrons depuis 33 ans et ne travaillons pas seulement pour les parrainages. Nous sommes engagés dans la 7ème construction de maison et gérons l'intervention ophtalmologique, c'est un gros budget.
 
            Kou Modt présente le nouveau principe de fonctionnement pour le retrait de l'argent des bousiers,  Sukanya Kangkorn, nièce de Montri en contrôlera l'enregistrement et le suivi.
            La distribution des fonds se fera exclusivement durant la période scolaire.

            Chaque année, les trois meilleurs élèves de chaque classe se voient récompensés d'une prime émanant des intérêts de la bouse KANGKORN, ces primes  ne seront pas augmentées voire légèrement diminuées, en fonction des intérêts bancaires.   L’assistance est très attentive.
            Montri précise aussi que nous prenons de l’âge et de ce fait il nous faut diminuer notre activité, dorénavant nous ne prendrons que les cas extrêmes en parrainage.

            Nous reprenons le règlement afin de rappeler à l'assistance les points principaux :

. L'aide aux élèves peut être suspendue, voir supprimée sur décision du conseil de la bourse Kangkorn ;
. Qu'il est impossible de répondre favorablement à toutes les demandes d’attribution de maison, il faut pour cela remplir des conditions définies par l'association ;
. Et enfin que la famille qui sollicite notre action soit dans un  grand dénuement et dans l’impossibilité de recevoir l'aide de sa famille.
            A présent, nous punirons les élèves qui travaillent mal ou qui auront un comportement   irrespectueux envers l'école.

18 élèves sont donc traduits devant le conseil de discipline.  Les sanctions vont du sursis de 4 mois jusqu’à un an de mise à l’épreuve et pour quelque cas : la radiation. Rappelons que l'année passée un seul cas de radiation avait été prononcé pour un grand garçon en raison d’une forte agressivité envers ses camarades.  Nous n'avions pas radié d'autres jeunes car il y avait pénurie de riz dans notre région et de ce fait nous nous retrouvons cette année avec un nombre important de cas à débattre. Nous parlons aussi des bons élèves pour lesquels les Amis du Vieux Tamarin font un effort : mise en place de coparrainage afin que ces enfants des rizières puissent avoir la situation qu'ils méritent, nous aidons à la formation de futurs professeurs et ingénieurs. C'est aussi le point positif sur nos actions.
 
Guy remet les pendules à l'heure. Nous connaissons les tensions entre le directeur et Kou Modt.  Il voudrait qu'il y ait moins de bourses coupées. Guy prend la parole voyant que cela tourne en rond : Au début les bourses étaient destinées aux élèves méritants avec de bonnes notes pour leur permettre de suivre des études afin de devenir de bons citoyens et d’avoir un bon travail pour rendre leur famille heureuse. C’était notre devise depuis 1984, puis avec la catastrophe de 2008 lors des  inondations nous avons accordé, cette année- là, une bourse à plus de 40 enfants.  Nous étions dans l'urgence, nous avons trouvé facilement des parrains. Aujourd’hui, l’attribution de cette bourse est considérée comme   une allocation familiale et ce n'est pas le but de notre association.

Le directeur nomme les enfants à problème par leurs surnoms, chose que nous n’osions pas faire.
La réunion a pris fin vers 15 heures.

Départ imprévu pour une famille Birmane (M et Mme PATAMA et ses 4 filles)

Nous avons rencontré le papa qui nous expliqué qu'il doit quitter notre village pour se rendre vers la frontière du Myanmar. Son patron qui est en mauvaise santé, n'a plus de travail à lui donner, comme c'est une famille de réfugiés, il ne peut avoir de travail. Là où il ira, il a de la famille et aura un logement en Myanmar. Ses deux filles  traverseront la frontière pour aller à l'école en Thaïlande dans la province de Kanchanaburi.
On commence à voir le rapatriement des birmans au pays natal. La vie y est plus sécurisée qu'avant. Rappelons que le papa avait quitté son pays à l'âge de 13 ans et passé 13 autres années dans les camps de réfugiés. Exceptionnellement nous aimerions continuer un peu le parrainage avec l'aide de l'école de Ban Satoïe. Cette famille mérite notre attention. 
 
Aujourd'hui le 5 avril 2017, le dossier est complet, les constructeurs sont venus sur les lieux. Il a été convenu un accord sur les devis suivants:
·         Démolie  l'ancienne maison                                      =          10 000.00
·         Mettre 35 camions de terre pour élever le terrain     =          10 500.00
·         Achats des  matériaux et reconstruction                   =      450 000.00

Soit un  coûte total                                                    =      470 500.00
 (13 055 euros) 1€ = 36 €) environs, les travaux commenceront le 7/04/2017  
Remarques : la reconstruction dans le style du pays :
 

Guy et Montri










































mercredi 28 décembre 2016

Co-opération dans l'aide humanitaire

Voci l'atticle parru le 23 décembre 2016 suite à notre intervention auprès des étudiants du lycée Guy-Chauvet réalisé par  Marie-Pierre Pineau, "corr journal "La Nouvelle République"  par ; Corr. Marie-Pierre Pineau
Vienne - Loudun - Éducation


Des lycéens parrains d'étudiants thaïlandais
23/12/2016 05:38
Guy et Montri, présents pour un échange autour de l'école de Makhamtao.
Le lycée Guy-Chauvet veut sensibiliser ses élèves aux difficultés qu’éprouvent des enfants de leur âge dans certains pays et particulièrement la Thaïlande.
Makhamtao Project est le projet sur lequel vont travailler les lycéens de seconde en anglais appliquée, pendant le deuxième semestre de cette année. Un projet, initié par Mikaël Bichon, professeur de mathématiques, dont l'objectif est de parrainer un ou deux étudiants thaïlandais du village de Makhamtao, situé à 180 km de Bangkok.
L'option anglais appliquée qui se poursuit de la quatrième à la terminale permet un enseignement à double niveau, rappelle le proviseur Philippe Rigault. En l'occurrence, l'anglais avec Stéphane Aubagnac en classe de mathématiques avec Mikaël Bichon. « L'occasion de voir que ce n'est pas facile non plus pour les professeurs de parler une langue étrangère », poursuit le proviseur.
Avant tout un projet pédagogique
« Mais nos élèves sont demandeurs de nouveaux projets et nous sommes partis sur une idée un peu différente et en dehors du lycée, qui permet également de sensibiliser les élèves à l'action humanitaire », explique Mikaël Bichon. Pour cela, il a fait appel à Guy et Montri de l'association « Les amis du vieux tamarin », association à vocation humanitaire créée par Montri, lui-même originaire de Makhamtao.
Celle-ci a financé l'installation d'un bloc opératoire après le tsunami, permis la construction d'une réserve d'eau potable ou financé 26.000 repas à la cantine scolaire. Ils sont venus, en anglais, s'exprimer autour de l'école, de la vie des élèves… De quoi donner des idées à ces derniers qui doivent trouver un logo et un slogan pour lancer leur campagne de collectes de dons.
Avec une première idée sympathique, la réalisation d'un repas thaï, pour 80 personnes, en partenariat avec les élèves du lycée Marc Godrie, dont les bénéfices seraient reversés à l'association. L'occasion pour ces mêmes élèves d'approfondir leur cours sur la connaissance des autres cuisines du monde, grâce à une intervention de Guy et Montri.
Parallèlement des articles thaïlandais seraient également mis en vente. Différentes actions seront proposées tout au long de l'année, avec par exemple, l'intervention d'une orthophoniste spécialisée en langue thaï. « C'est avant tout un projet pédagogique qui permet de diversifier le travail, plus concret que d'habitude » conclut le proviseur.
Corr. Marie-Pierre Pineau
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Voir le journal : http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Education/n/Contenus/Articles/2016/12/23/Des-lyceens-parrains-d-etudiants-thailandais-2947403



mercredi 30 mars 2016

Compte rendu du voyage 2016

Compte rendu du voyage 2016




Nous avons reçu trois groupes, à nouveau, cette année mais pour des périodes plus courtes.

Avec notre 1er groupe, composé de 6 personnes dont Marie Claude, la Présidente de notre association, nous découvrons Makhamtao et ses environs, dans la sécheresse. La rizière comme l'an passé, ressemble à la savane... ! La mousson n'a donné que le 1/3 des pluies attendues, puis le vent dominant du nord-est à fait le reste. Un vent sec et permanent, il ne pleuvra seulement qu'en juin. Si tout va bien labours, semailles puis 100 jours d'attente pour une prochaine récole. Il n'y aura du riz, peut-être, qu'en décembre. En attendant, pas de travail pour les journaliers et comme le pays est en crise politique et économique, les chantiers même lointains se font rares.... !

A la visite de l'école pour remettre les fonds, d'une façon symbolique, les membres présents peuvent vérifier les enregistrements sur les deux comptes : l'un pour la bourse Kangkorn de l'école et l'autre sur le compte des parrainages. Cette année votre générosité en dons a battu tous les records. Pour des raisons de sécurité nous ne pouvions sortir l'argent physiquement soit 1,500 000 Bht. Ensuite une petite réunion au cours de laquelle nous avons traité les urgences et les questions qui nous tenaient à cœur.

Kou Modt nous informe que la situation est plus que délicate pour les démunis. Nous décidons une aide d'urgence exceptionnelle de 248 200 Bth soit 8864€, nous n'avons jamais versé autant pour une aide alimentaire. Nous garantirons un repas quotidien pour chaque élève non parrainé jusqu'à la fin 2016, cela fera un total 12 410 repas. Je me permets de signaler que nous pouvons nous le permettre car la vente des livres nous dégage de larges bénéfices.

Nous évoquons la dernière maison, construite sur le même terrain que les deux maisons sociales ainsi que les travaux d’extension dans les deux premières. La famille monoparentale : le papa et ses deux enfants sont à l'abri et la fillette en sécurité. Puis pour finir, le cas d'une maman avec deux filles, Mlle KHAMPORN qui a déjà subit l’opération d’un œil, ce qui lui a permis de recouvrer 70% d’acuité visuelle. Pour le second œil, il faut attendre les résultats définitifs pour parler de réussite.







Au cours de la discussion, Kou

Modt nous signale qu'elle fait office de directeur sans augmentation de salaire.

Monsieur Narong HARSAP, l’ancien directeur avec lequel nous avions travaillé en coopération depuis des années, est malheureusement décédé d'un cancer. Il n'aura été que 18 mois à la retraite. Pas de nouvelle jusqu'à présent du nouveau directeur, celui qui voulait changer le fonctionnement des compléments de parrainages pour les mutualiser. Nous passons près de 3 heures ensemble.

Sortie de l'école, Marianne et Jean Louis, le parrain de Chanitporn KHAMPORN (dossier 2013-003), sont impatients de rencontre sa maman ; c'est cette maman qui s'est fait opérer d'un œil. Nous arrivons chez elle, la jeune maman se tient débout, marche sans hésitation. Depuis des années, nous l'avons toujours vue assise, elle nous regarde, nous sourit, suit nos gestes. D’habitude, sa tête était immobile sur son corps (voir le témoignage de parrains)..... J'ai les larmes aux yeux, les membres de l'association aussi, c'est grâce à vous que cette jeune femme voit à présent ses deux fillettes.... !

Ce n'est pas fini pour aujourd'hui, il nous faut aller voir la dernière maison construite et ses locataires. Nous trouvons une maison très propre. L'homme nous dit qu'il ne boit plus, nous visitons la maison. Il n'y a rien à redire. Il a retrouvé du travail dans un abattoir de volailles, il fait les nuits, tout va bien à présent. Le soir, les deux enfants s'enferment dans la chambre, le papa les réveille à son retour du travail vers 1h30... ! Nous demandons à la voisine, notre locataire de surveiller. Les deux premières maisons ont été rehaussées de 40 cm. Cela a pu créer une chambre sous les maisons.

Nous continuons les visites dans diverses familles, nous notons les plus nécessiteuses pour qu'elles reçoivent quelques kilos de riz. Une famille dont la petite fille en trithérapie, habite dans une maison dont les tôle percées ne passerons pas la prochaine mousson. La grand-mère nous demande s'il était possible de changer la toiture. Que faire sur une charpente en bambou brisé, prêt à tomber... ! Je suis fatigué, il fait très chaud (36), je regarde le sol et lui dit : tant que la maison sera dans un tel état de saleté comme celui-là, nous ne prendrons pas la peine de monter un dossier. Nous repasserons dans deux semaines et ferons un nouveau point. Montri lui signale que nous aurons besoin de son titre de propriété. Lorsque nous aidons à reconstruire une maison, nous avons besoin de garantie pour l'hypothéquer pendant 15 ans. L'association n'est pas la loterie nationale....

Michel, notre aide cuisinier des grands jours nous rappelle qu'en novembre 2008, il était présent lors des grandes inondations et que cette foi-ci avec Pierrette, son épouse, ils constatent tout le contraire.... Je leur explique que dans les deux cas il n'y a plus de travail, pas de riz et que le peu d'eau est réservée à la consommation humaine. Par contre la sécheresse n'apporte pas de maladies comme les inondations lorsque cela dure 6 semaines.

Plus tard à la fin de notre voyage, au poste frontière Cambodgien, notre groupe découvrira encore une autre misère, celle des bras Khmers qui se louent à la journée poussant de lourdes charrettes, s'en retournant le soir dans leur pays, exténués, le ventre vide... Se pliant au bon vouloir de leurs patrons. Notre réflexion : nos enfants de Makhamtao malgré la sécheresse, sont bien lotis comparé à leurs voisins Khmers.... !

2e groupe - Nous serons ensemble une semaine. Martine et Jean-Michel feront le point avec leur filleule. Cette famille aussi avait tenté sa chance à Bangkok pendant 3 ans. Un loyer trop cher pour un logement de moins de 30m², les trois filles étant en âge à faire des études, la famille ne pouvait faire face. Ils sont revenus au village natal, dans une maison de planches et de tôles, la solidarité familiale aidant, la vie est plus facile. Les parrains voyant leur dénuement, décident de parrainer les 3 filles, ils nous affirment qu’ils trouvent injuste de ne donner la chance de s'en sortir qu'à une seule...

Chantal et Yves tenaient à faire ce voyage, ce retour à l'école. Ils y avaient mis tout leur cœur pour monter un voyage scolaire au bord de la mer qu'ils ont appelé « La balade de Pierre ». Ce voyage a eu lieu le 9 décembre 2015 : 181 enfants (petits et grands) sont partis à l’aube découvrir la mer de Chine dans le Golfe de Thaïlande à Bang San, 300 kms ce n'est pas rien. L'école a fait tout son possible, 4 bus, 15 accompagnateurs, la moitie d'entre eux découvrent la mer pour la première fois : journée mémorable, visite d'un Aquarium Maritime, balade et bain de mer pendant 2 heures et demie, que du bonheur... Les donateurs auront les commentaires traduit par Montri, j'aurai bien aimé partager ce voyage avec eux rien que pour découvrir ces visages émerveillés.... !

Avec ce groupe nous sommes allés à la rencontre d'autres familles parrainés dans les cinq villages que les amis du vieux tamarin soutiennent.

Le dernier groupe était le candide de cette année, cela fait longtemps qu'ils sont à nos cotés mais parrainent depuis 3 ans. Heureux de rencontrer leurs filleuls mais surpris du dénuement de certaines familles. On a beau vous expliquer mais sur place ce n'est pas la vidéo... ! Il y a en prime la chaleur, les odeurs de plus cette année pas un brin d'herbe verte. Heureusement la visite n'était que de 48 heures. Les marraines Sylvie et Murielle, s'attachant aux enfants, il ne faut pas s’attarder, les émotions fortes activent les larmes. Dans ce groupe, nous avons Elias, un enfant adopté par Sylvie et Franck, d'origine Éthiopienne, il est la coqueluche du voyage. Cheveux crépus, yeux en amande, sourire coquin pour ses 11 ans. C'était sans doute la 1ère fois qu'un enfant d'origine africaine se mêlait aux villageois. Il a eu du succès, notre Elias... !

Fin février, nous sommes de retour tous les deux comme d’habitude. En présence des groupes nous surveillons les visites mais nous ne pouvons résoudre certains problèmes.

Reunion avec Kou Modt au sujet  :

  1. Des candidatures : trop nombreuses demandes de parrainage : 27 en tout. Pour nous c'est trop... ! L'école subit la pression des parents (pourquoi pas la mienne ?). J'explique qu'il est impossible de trouver 27 parrains et que cela devient n'importe quoi. Même en temps de crise économique et par manque de riz.
  2. Sakawat ROADSTIEN : il sera demandé aux professeurs de son lycée professionnel, à Lopburi, si cela vaut la peine qu'il poursuive des études. On craint qu'il ait déjà touché à la drogue... ! On attend. De toute façon s'il bénéficie d’une bourse, elle ne lui serait versée que chaque semaine car la famille est trop dans le besoin... Pour son petit frère, la bourse repend après avoir été en sommeil pendant 2 ans, nous avons contrasté qu'il est doué manuellement.


A l'école 181 élèves : maternelle, primaire et secondaire.

Nous passons notre lundi à l'école pour suivre le cas des derniers enfants. Il fait très chaud nous décidons de faire les séances photos car avec 40° et le vent brûlant de cette année, il est plus prudent d'être sous le préau de l'école, cela nous donne l'occasion de voir l'école évoluer. Sur les conseils de Kou Modt, nous ne proposons qu'une rupture de parrainage. La crise économique est trop dure cette année et cela poserait plus de problèmes que cela n'en résoudrait.


Nous assistons aux coupes de cheveux réglementaires des garçons, une semaine avant les grandes vacances, dur - dur.... ! Puis dans l'après midi les coupes de cheveux des filles hauteur du col du chemisier pour cause d'entre elles est dans la peine. Sunisa, très bonne élève, pourrait devenir professeure ou manager dans l'alimentation. Elle nous explique que son père, qui ne la voit pratiquement pas, a refait sa vie, il a eu deux autres enfants et n'a jamais donné un sou depuis qu'il l'a déposée chez sa sœur (la tante de Sunisa). Il veut que Sunisa arrête ses études après son BAC. On est obéissant en Thaïlande, sa tante ne dit pas grand chose, c’est une question d'argent et cette année il n'y pas eu de récolte de riz, nous ne savons que dire... La nuit portant conseil, une jeune fille si régulière ne posant jamais de problème, comment la laisse tomber...!

 Le lendemain matin nous retournons la voir et lui annonçons que nous allons tout faire pour l'aider. « Oui, mais Papa » ! Nous en faisons notre affaire. Nous savons que son père a surtout peur de débourser de l'argent. Nous faisons les comptes : il faudrait 60 000 Bht pour l'année scolaire, les parrains versent d’habituellement un peu près 10 000 Bth, la tante versera 20 000 bht pour la première année, il nous resterait à trouver 30 000 Bht soit 850 €. L'association organisera une entraide ou un co-parrainage. Mais donnons à Sunisa la possibilité d’exploiter son intelligence et son courage, cela est l’objectif de l'entraide.

d'invasion de poux... ! Puis traitement en cœur avec le tuyau d'arrosage. Tout se passe dans la bonne humeur.... ! L'explication de la direction : les familles n'ont pas forcément les moyens de traiter chez elles. Après l'école nous rendons visite à quelques grands. Ceux et celles qui sont à l'école de Lopburi. L'une.


Nous allons dire au-revoir à la famille KHAMPORN, fin mars, la maman passera une visite pour son œil opéré et dont elle a recouvré 70% d’acuité visuelle. Elle descend l'escalier de sa maison sans se tenir à la rampe, accoure vers moi pour me donner l'accolade (chose rare de la part d'une femme envers un homme, en Thaïlande). Si tout va bien l’opération du second œil se fera prochainement. L'association « c'est à dire vous » a rendu la vue à cette jeune maman c'était inespéré et formidable.

A consulter aussi  dans NOS LIENS "La ballede de Pierre" ou
 : https://laballadepierre.blogsport.com
Guy et Montri